fainéant


fainéant

fainéant, ante [ fɛneɑ̃, ɑ̃t ] n. et adj.
• 1306; de fais (faire) et néant, altér. de faignant « négligent » (v. 1200), de feindre « paresser » feignant
1Personne qui ne veut rien faire. paresseux. Lève-toi, fainéante ! « un fainéant qui n'aimait qu'à boire » (Balzac). Qui n'a rien à faire. désœuvré, oisif. « Je suis un fainéant, bohème, journaliste » (Nerval).
2 Adj. Paresseux. inactif, indolent, nonchalant. Un élève fainéant. Loc. Les Rois fainéants : les derniers Mérovingiens réduits à l'inaction par les maires du palais.
⊗ CONTR. Actif, diligent, laborieux, travailleur.

fainéant, fainéante adjectif et nom (de fait néant) Qui ne fait rien, qui ne veut pas travailler. ● fainéant, fainéante (difficultés) adjectif et nom (de fait néant) Registre Fainéant s'emploie dans tous les registres ; feignant (plus courant) et faignant (plus rare) sont familiers. Remarque Ces formes sont toutes trois issues du participe présent du verbe feindre, « rester inactif » (à rapprocher des rois fainéants, rois qui accédaient au trône trop jeunes pour pouvoir régner personnellement). Fainéant est une réfection phonétique de faignant, forme dans laquelle on a cru voir un composé de fais ou fait et de néant. Curieusement, ce sont les formes faignant et feignant, étymologiquement justes, qui passent pour des déformations populaires de fainéant, alors que la filiation est en réalité inverse. ● fainéant, fainéante (expressions) adjectif et nom (de fait néant) Rois fainéants, expression désignant les derniers rois de la dynastie des Mérovingiens qui, à partir de Thierry III (675), laissèrent le maire du palais gouverner à leur place. ● fainéant, fainéante (synonymes) adjectif et nom (de fait néant) Qui ne fait rien, qui ne veut pas travailler.
Synonymes :
- cossard (familier)
- flemmard (familier)
Contraires :
- bûcheur (familier)
- zélé

fainéant, ante
adj. et n. Qui ne veut rien faire, qui ne veut pas travailler.
Subst. Un fainéant, une fainéante. Syn. paresseux.

⇒FAINÉANT, ANTE, subst. et adj.
I.— Substantif
A.— Personne qui ne veut rien faire. Un grand fainéant. Synon. cossard (pop.), feignant (pop.), flemmard (fam.), paresseux; anton. bûcheur (fam.), travailleur. Avant de donner un sou à un pauvre, il voulait savoir si ce n'était pas un fainéant et pourquoi il ne travaillait pas dans les fabriques (FLAUB., 1re Éduc. sent., 1845, p. 182). Ce n'était pas la peine (...) que l'île payât le presbytère à un fainéant! un grand paresseux bien nourri! (QUEFFÉLEC, Recteur, 1944, p. 137) :
1. — Oui, père... Ça vient de sonner en bas.
— Dépêche-toi donc, fainéante! Si tu avais moins dansé hier dimanche, tu nous aurais réveillés plus tôt... En voilà une vie de paresse!
ZOLA, Germinal, 1885, p. 1144.
B.— Personne qui n'a rien (ou peu de choses) à faire. (Quasi-)synon. désœuvré, inactif, oisif; anton. actif. Mes aventures et mes travaux, à moi, laborieux fainéant que vous connaissez bien (HUGO, Rhin, 1842, p. 309). Je suis un fainéant, bohème, journaliste Qui dîne d'un bon mot étalé sur son pain (NERVAL, Corresp., 1830-55, p. 254) :
2. ... lui et sa servante sont aubergistes à leur corps défendant; ils ont horreur des voyageurs. Quand ils découvrent de loin une voiture, ils se vont cacher en maudissant ces vagabonds (...), ces fainéants qui dérangent un honnête cabaretier et l'empêchent de boire le vin qu'il est obligé de leur vendre.
CHATEAUBR., Mém., t. 6, 1848, p. 173.
II.— Adj. Personne fainéante. (Quasi-)synon. paresseux. Les pays aurifères (...) n'enfantent que des populations fainéantes, et jamais les races fortes et laborieuses (VERNE, Enf. cap. Grant, t. 2, 1868, p. 156). Sans avoir à faire un seul geste ni à interrompre sa tournée débonnaire, fainéante et royale (PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 224) :
3. — Dans ma propriété de Balisac, les résiniers ne sont pas vaillants comme ici : quatre amasses de gemme, lorsque les paysans d'Argelouse en font sept ou huit.
— Au prix où est la gemme, faut-il qu'ils soient fainéants!
MAURIAC, T. Desqueyroux, 1927, p. 272.
Loc. proverbiale, fam. Être fainéant(e) comme une couleuvre. Être très paresseux/se. Fainéante comme une couleuvre, elle était d'un mauvais rapport et d'une exigence qui croissait à mesure qu'elle travaillait moins (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 309).
HIST. Les rois fainéants. Derniers rois mérovingiens qui ont abandonné l'exercice du pouvoir et leurs charges aux maires du palais (d'apr. LEP. 1948, DAVAU-COHEN 1972). Je ne veux pas que l'Europe m'accuse de faire de vous un roi fainéant pour régner à votre place (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p. 401). Lesdits chariots étaient toujours les rustiques basternes des rois fainéants (P. ROUSSEAU, Hist. transp., 1961, p. 90).
Rem. La docum. atteste a) Qq. emplois adj. de ce mot appliqués à d'autres types de chefs d'état et créés p. anal. avec ce dernier emploi (hist.) : Il ne voulait pas jouer le rôle d'un dictateur fainéant (Fondateurs 3e Républ., Floquet, 1888, p. 150). Sous ce titre modeste qui respectait l'autorité théorique des khalifes-fainéants de la maison fâtimide (GROUSSET, Croisades, 1939, p. 203). b) Les dér., très péj. et pop., fainéasse, fainéasson, adj. et subst. À ne rien foutre chez Merrywin... j'étais devenu franchement fainéasse (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 363). Il voulait ainsi l'obliger ce lecteur, toujours fainéasson, à des entreprises... (ID., ibid., p. 434).
Prononc. et Orth. :[] ou [fe-], fém. [-] et, pour la forme pop., [] ou [fe-], fém. [-]. Pour l'orth. de la forme pop. on trouve feignant (LITTRÉ, ROB., Lar. Lang. fr.), faignant (Pt ROB., Lar. Lang. fr.), feigniant, faigniant. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1306 Loïs Faineant (G. GUIART, Royaux Lignages, I, 7770 ds T.-L.). Altération pop. d'apr. la forme verbale fait (faire) et néant, de feignant part. prés. adj. de feindre au sens de « se dérober, rester inactif » (ca 1100 pronom. ds T.-L.). Fréq. abs. littér. :314. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 348, b) 730; XXe s. : a) 544, b) 323. Bbg. ARICKX (I.). Les Orthoépistes sur la sellette. Trav. Ling. Gand. 1972, n° 3, p. 129. — CASSAGNAU (M.). Trois vulgarismes qui n'en sont peut-être pas. Vie Lang. 1970, pp. 647-648. — SAIN. Lang. par. 1920, p. 93, 110, 352.

fainéant, ante [fɛneɑ̃, ɑ̃t] n. et adj.
ÉTYM. XIVe; composé defais, et de néant, altér. de faignant (v. 1200), de feindre « paresser ». → Feignant.
1 N. Personne qui ne veut rien faire. Paresseux; vaurien; clampin, propre (à rien); fam. Cagnard, cossard, feignant, flemmard, tire-au-flanc, tire-au-cul (→ Acariâtre, cit. 3; atteler, cit. 7). || Quel fainéant ! || C'est une vraie, une grosse fainéante.
1 Un fainéant à la fleur de son âge (…)
Ronsard, la Franciade, I.
2 Le prédécesseur de Vigneau (…) était un malheureux, un fainéant qui n'aimait qu'à boire.
Balzac, le Médecin de campagne, Pl., t. VIII, p. 403.
3 Ah ! laissez-moi la paix avec vos ouvriers, interrompit Edmond. Ce sont des fainéants. Cherchez à l'origine de la propriété vous trouverez toujours quelqu'un qui a travaillé dur. Si ce n'est pas moi, c'est mon père, mon grand-père. Ceux qui n'ont rien trouvent plus simple de prendre les choses toutes cuites, sans travailler. Des fainéants.
Aragon, les Beaux Quartiers, p. 281.
Par ext. Qui n'a rien à faire. Désœuvré, oisif.
4 Je suis un fainéant, bohème, journaliste, qui dîne d'un bon mot étalé sur son pain.
Nerval, Poésies diverses, Madame et souveraine.
2 Adj. Paresseux. Inactif, indolent, nonchalant. || Un écolier fainéant. || Devenir fainéant. → Acagnarder (s').
5 Une forte tête dont je suis bien content, qui sera le moins fainéant des hommes et ne fera jamais rien.
M. Jouhandeau, Chaminadour, p. 42.
Loc. Les Rois fainéants : les derniers Mérovingiens, réduits à l'insignifiance et à l'inaction par les maires du palais.
CONTR. Actif, diligent, laborieux, travailleur.
COMP. et DÉR. Fainéanter, fainéantise.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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